la flèche CRM
Cas client · 12 min de lecture

Cas client : audit CRM multi-pôles pour une entreprise de services B2B

Audit CRM réalisé pour une entreprise de services B2B avec cinq pôles commerciaux distincts : prospection, gestion grands comptes, marchés publics, coordination opérationnelle, IT. Architecture des données, gouvernance avec le SI métier, automatisations et feuille de route en 4 phases.

La Flèche CRM
Agence CRM B2B · Saint-Malo
12 min

Ce que montre ce cas

  • 5 pôles commerciaux avec des besoins CRM distincts : segmenter les données par métier réduit la complexité de saisie pour chacun
  • Le principal arbitrage n’est pas fonctionnel mais de gouvernance : quel outil est le référentiel maître des données ?
  • Sans automatisation, le CRM reste perçu comme une charge supplémentaire : chaque information saisie doit produire un bénéfice immédiat
  • Le parcours digital destiné aux clients professionnels constitue le meilleur terrain d’expérimentation avant déploiement plus large
  • Une feuille de route en 4 phases permet d’avancer sans tout transformer en même temps

Contexte

Ce cas présente l’audit CRM réalisé pour une entreprise de services B2B disposant d’une organisation commerciale structurée en plusieurs pôles distincts. Le nom du client et les détails sectoriels sont anonymisés.

Profil au moment de la mission : entreprise avec plusieurs centaines de clients grands comptes, une activité marchés publics significative, un pôle de prospection dédié et une équipe de coordination opérationnelle assurant le déploiement des dispositifs contractuels. Sellsy était déjà en place, mais sous-exploité.

Situation commerciale :

  • CRM déployé mais peu automatisé : principalement utilisé comme base de données
  • Traitements parallèles sous Excel persistants dans plusieurs pôles (marchés publics, coordination, reporting)
  • Cinq équipes avec des besoins CRM distincts, des profils utilisateurs très différents et peu de champs partagés pertinents
  • Un projet de digitalisation du parcours clients professionnels (TPE, professions libérales) en cours de développement
  • Un système d’information métier distinct (ERP interne) gérant les données contractuelles et opérationnelles, sans pont structuré avec le CRM

Le défi n’était pas de redéfinir les processus commerciaux, qui sont bien maîtrisés. Le défi était de faire du CRM un outil de pilotage plutôt qu’un outil de saisie, et de clarifier la gouvernance des données entre le CRM et le SI métier.

Problèmes identifiés à l’audit

Le CRM perçu comme une charge de saisie

Sans automatisation en place, les équipes saisissent dans le CRM des informations qui ne leur produisent aucun bénéfice immédiat visible. Les mêmes données sont ensuite reprises dans des fichiers Excel ou retransmises par email à d’autres services, puis ressaisies dans le SI métier. Cette double saisie alimente naturellement la résistance à l’adoption.

Des données organisées par logique métier, pas par utilisateur

Les champs personnalisés avaient été construits de manière cohérente sur le plan métier, mais leur nombre important et leur visibilité pour tous les pôles rendaient la saisie complexe. Un commercial de l’équipe grands comptes n’a pas les mêmes besoins qu’un gestionnaire de marchés publics ou qu’un membre de la coordination opérationnelle. Chaque utilisateur se retrouvait exposé à des champs qui ne le concernaient pas.

Des pipelines avec trop d’étapes intermédiaires

Plusieurs étapes dans les pipelines correspondaient à des états transitoires (à relancer, en négociation) plutôt qu’à de véritables jalons commerciaux. Ces étapes nécessitaient une intervention manuelle alors qu’elles auraient pu être remplacées par des tâches automatiques avec échéance ou des critères de probabilité. Résultat : des indicateurs peu fiables et des données de pipeline difficiles à exploiter pour le pilotage.

Des traitements manuels persistants dans plusieurs pôles

Quatre activités restaient entièrement gérées hors CRM : le suivi des marchés publics (sous Excel), les fiches de mise en place transmises par email à la coordination, le reporting commercial consolidé manuellement, et la préparation des campagnes de communication. Ces traitements représentent une charge administrative significative et introduisent un risque permanent d’informations divergentes entre les outils.

Une gouvernance non définie entre le CRM et le SI métier

Le point le plus structurant de l’audit : plusieurs équipes souhaitaient utiliser le CRM pour centraliser des informations opérationnelles, générer des documents contractuels ou transmettre des données aux services internes. Ces usages sont légitimes, mais ils impliquent de définir clairement lequel des deux systèmes fait référence sur chaque type de donnée. Sans cette définition, tout développement avancé introduit un risque d’incohérence entre les systèmes.

Architecture CRM recommandée

1. Segmentation des données par pôle métier

La structure de base du CRM (Entreprise, Contact, Opportunité) est pertinente et n’a pas besoin d’être remise en cause. En revanche, les champs personnalisés gagneraient à être regroupés par groupe fonctionnel.

Une organisation en cinq groupes a été proposée :

GroupeUtilisateurs concernés
Données communesToutes les équipes
ProspectionProspection et acquisition
Grands comptesGestion du portefeuille, cross-selling
Marchés publicsCollectivités et cycles longs
Parcours professionnelsTPE, professions libérales, digital

Cette approche permet de conserver une base commune tout en limitant la complexité pour chaque utilisateur. Chaque équipe crée ses propres vues et filtres sur les champs qui la concernent, sans être exposée aux champs des autres pôles.

2. Simplification des pipelines

La recommandation centrale : limiter les étapes aux véritables changements de statut commercial. Les étapes intermédiaires de type “à relancer” ou “en négociation” sont remplacées par :

  • des tâches avec échéance pour les relances ;
  • des niveaux de probabilité pour qualifier l’avancement ;
  • des champs de date pour matérialiser les délais.

Les changements d’étapes déclenchent ensuite automatiquement les actions attendues par les autres services, sans manipulation supplémentaire de la part des commerciaux.

3. Trois scénarios de gouvernance avec le SI métier

L’arbitrage central du projet concerne la répartition des responsabilités entre le CRM et le SI métier. Trois scénarios ont été présentés :

Scénario 1 (recommandé à court terme) : CRM centré sur les usages commerciaux. Sellsy pilote les opportunités, la segmentation, les campagnes marketing et le scoring. Le SI métier reste le référentiel des données contractuelles et opérationnelles. Les synchronisations sont limitées aux identifiants et données de base (SIRET, nom, email). Architecture simple, gouvernance claire, mise en oeuvre rapide.

Scénario 2 : Étendre le CRM aux données métier. Sellsy devient le point d’entrée pour les informations contractuelles et les documents de déploiement. Les modules de génération documentaire et de signature électronique sont utilisés directement depuis le CRM. Davantage de possibilités fonctionnelles, mais gouvernance beaucoup plus exigeante et projet technique conséquent.

Scénario 2bis (recommandé à moyen terme) : CRM enrichi en lecture seule. Sellsy conserve son rôle commercial, le SI métier reste le référentiel. Les données métier nécessaires aux automatisations (génération de contrats, workflows, notifications) sont synchronisées depuis le SI vers Sellsy, dans des champs dédiés peu visibles des utilisateurs. Sellsy exploite ces données sans en devenir le référentiel. Cette approche combine la puissance fonctionnelle du scénario 2 avec la gouvernance claire du scénario 1.

La recommandation est de démarrer par le scénario 1, puis de migrer progressivement vers le 2bis une fois les usages commerciaux stabilisés et les règles de synchronisation clairement définies.

4. Le parcours professionnel comme terrain d’expérimentation

Le projet de digitalisation destiné aux clients professionnels (TPE, professions libérales) constitue le cas d’usage idéal pour tester les automatisations avant un déploiement plus large. Contrairement aux autres activités, les événements du parcours client sont directement générés par les usages du portail, ce qui simplifie le déclenchement des automatisations.

Ce parcours peut servir de modèle pour : l’attribution automatique de tâches, le scoring des prospects selon leur comportement, les campagnes de nurturing ciblées et les notifications entre services.

Automatisations proposées

DéclencheurAction automatique
Création d’un lead entrantAffectation d’une tâche au commercial concerné
Prospect sans activité depuis X joursCréation d’une relance automatique
Opportunité passée en “Gagné”Notification aux équipes concernées
Génération d’un document contractuelPassage automatique à l’étape suivante
Validation de la fiche d’initialisationNotification à la coordination + passage d’étape
Première commande réaliséeArrêt des scénarios de prospection actifs
Perte d’une opportunitéTâche de relance créée selon le motif renseigné
Création de compte professionnel non finaliséeRelance automatique à J+3 et J+7
Renouvellement de marché public à venirAlerte au responsable concerné à J-90

Pour la transmission des informations entre services, trois niveaux de complexité ont été proposés : webhooks par type d’événement (moyen), champ de déclenchement manuel par l’utilisateur (faible), ou détection automatique des champs modifiés avec comparaison historique (élevé). La solution à déclenchement manuel a été retenue pour la première phase, en raison de sa simplicité et de sa souplesse.

KPIs proposés

Niveau 1 : vision commerciale (dès le go-live)

  • Nombre d’opportunités créées par pôle et par source
  • Taux de conversion global et par pipeline
  • Activité commerciale par collaborateur
  • Durée moyenne du cycle de vente par type de client
  • Répartition du portefeuille par niveau de maturité

Niveau 2 : suivi du process (30 à 60 jours)

  • Taux d’opportunités perdues avec motif renseigné (indicateur d’adoption)
  • Nombre de tâches créées automatiquement vs manuellement
  • Délai moyen entre étapes clés du pipeline
  • Portefeuille à risque (sans activité depuis plus de X jours)

Niveau 3 : pilotage avancé (3 à 6 mois)

  • Croisement prévisionnel CRM / réalisé SI métier pour fiabiliser les projections
  • Détection des opportunités d’upsell sur le portefeuille existant
  • Performance des campagnes marketing par segment
  • Efficacité du scoring prospects (taux de conversion par niveau de score)

Note : les tableaux de bord standards de Sellsy étant basés sur des montants prévisionnels, un outil de BI externe alimenté par export Sellsy sera nécessaire pour les indicateurs de volume d’activité et le croisement avec les données réalisées.

Feuille de route

Phase 1 (organisation des données) : révision des champs personnalisés par groupe métier, simplification des pipelines, définition des informations obligatoires par étape, premières règles de scoring. Bénéfice attendu : réduction du temps de saisie, meilleure qualité des données.

Phase 2 (automatisations) : automatisation du parcours professionnel, connexion API avec le portail digital, création automatique des tâches de suivi, scoring automatique des prospects, connexion avec les outils de prospection (formulaires web, imports de salons). Ce parcours constitue le terrain d’expérimentation avant extension aux autres pôles.

Phase 3 (collaboration inter-services) : suppression progressive des fiches Excel de la coordination, transmission automatisée des informations entre services, workflows de validation, notifications ciblées. Cette phase dépend directement du scénario de gouvernance retenu entre le CRM et le SI métier.

Phase 4 (pilotage) : tableaux de bord managériaux, animation du portefeuille, campagnes marketing ciblées sur la base des données consolidées, croisement des données CRM et SI métier pour le prévisionnel.

Gains attendus

Adoption facilitée : en organisant les données par pôle métier et en automatisant les actions répétitives, chaque utilisateur retire un bénéfice concret de son utilisation quotidienne. Le CRM cesse d’être une tâche supplémentaire et devient un outil de travail.

Réduction des traitements manuels : les relances, les notifications inter-services, les tâches de suivi et une partie des mises à jour de statut sont automatisées. Le temps libéré est consacré à la relation client.

Visibilité commerciale : les pipelines simplifiés et les tableaux de bord adaptés à chaque profil donnent aux responsables une vision en temps réel de l’activité, sans consolidation manuelle.

Gouvernance sécurisée : la démarche progressive (scénario 1 en premier) limite les risques d’incohérence entre les systèmes tout en préparant les évolutions techniques futures vers le scénario 2bis.

Base pour l’animation marketing : une fois les données fiabilisées et segmentées par groupe métier, les campagnes ciblées et le scoring des prospects deviennent directement exploitables, sans traitement préalable.


Ce rapport d’audit a été réalisé par La Flèche CRM dans le cadre d’une mission de conseil et déploiement CRM. Le client est anonymisé. Votre entreprise dispose déjà d’un CRM mais son potentiel reste sous-exploité ? Contactez-nous pour un premier échange de 30 minutes.

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